Face
à la multiplication des technologies ubiquitaires - téléphones
mobiles, GPS, internet, caméras de surveillance, capteurs en
tous genres - dans notre environnement, il est naturel de se poser
la question de savoir quel rapport l’homme entretient et va
entretenir avec elles et légitime d’entamer une réflexion
visant à imaginer le présent et les futurs possibles
de l’usage de ces technologies.
Depuis Septembre 2010, la Cie Scalène est engagée dans
ce travail de réflexion, de recherche et de création
autour de l’usage de ces technologies ubiquitaires.
Cette recherche se développe en partenariat avec le CCSTI de
Grenoble, le collectif COIN (créateurs d’événements
en milieu urbain) et le collectif Labodanse, issu de l'École
de Danse des Universités de Grenoble et participe d’un
projet européen de réflexion sur ces technologies, piloté
par le CCSTI de Grenoble.
Ce processus de création s’inscrit dans la durée,
pour aboutir, au Printemps 2012, à la création de la
pièce chorégraphique “point de vue”.
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Nous
décidons de situer notre réflexion dans l’observation
ou dans une projection fantasmée de l’influence que ces
technologies peuvent avoir sur notre «intimité»,
des traces que peut laisser, dans une sphère plus intime, la
«fréquentation obligée» de ces technologies.
Cette sphère intime s’entend comme représentation
du «foyer», du «chez soi», d’une zone
de refuge ou l’humain n’a à voir qu’avec
l’humain, la «zone du dedans».
En vis-à-vis de cette «zone du dedans», ces différentes
technologies réalisent une «partition» de l’espace
réel et virtuel en différentes zones de qualités
distinctes, - Ici, je suis incognito, là, je suis repéré,
ici je sais que je suis filmé, là je pense être
invisible, ici, je communique avec tous mes «amis», là,
mon double virtuel «s’éclate» en boite de
nuit à Miami - les «zones du dehors».
Nous nous proposons d’imaginer, de fantasmer, d’intuiter
comment la fréquentation des «zones du dehors»,
soumises à l’influence de ces technologies, peut perturber,
troubler, bousculer une harmonie - ici encore réelle ou fantasmée
- de la «zones du dedans».
Pour ce faire, nous décidons de faire le choix sténographique
d’une partition visible de l’espace scénique, mettant
en scène cette «zone du dedans» et des «zones
du dehors» et d’inscrire la partition chorégraphique
dans un aller-retour incessant entre la «zone du dedans»
et les «zones du dehors».
Les «zones du dehors» seront «équipées»
de différents dispositifs (cameras, projections, géolocalisation...)
qui entreront en «contact» et réagiront à
la présence de la danse, tout en la modifiant en retour.
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| ELEMENTS
CHOREGRAPHIQUES
1.une danse du dedans, symbole d’une harmonie sans faille, d’une
fraternité originelle, d’un
paradis peut être pas encore perdu.
2.des allers-retours entre la «zone du dedans» et les zones
extérieures, comment l’on «quitte», comment
l’on revient.
3.des danses du dehors, nées de la rencontre
des corps et des dispositifs technologiques présents sur les
«zones du dehors», tour à tour violentes, drôles,
tendres, inattendues, ....
4.une
perturbation de la danse du dedans, initiée par l’expérience
des corps dans les «zones du dehors», la perte, le trouble,
la tentation du chaos.
La vie en somme !
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COLLABORATIONS
avec le CCSTI :
La compagnie poursuit un partenariat entamé avec le CCSTI
autour de la notion d’objets. Après la «collecte»
d’objets chargés d’»histoires» ayant
conduit à la création de la pièce «collection
permanente», elle s’inscrit dans une réflexion commune
sur les objets communicants, les objets pistants. Le CCSTI fournit à
la compagnie un ensemble de dispositifs et de ressources lui permettant
d'expérimenter et de travailler un large éventail de possibilités
dans le dialogue danse/dispositifs.
avec
le Collectif Coin :
En Avril 2011, le Collectif Coin présente une performance dansée
en milieu urbain, chorégraphiée par Manuel et recrée
pour l’occasion un dispositif de caméras de surveillance
au sein du parking Le Doyen à Grenoble. Suite à cette
collaboration, le Collectif Coin collabore à l’ implantation
et à la gestion des dispositifs technologiques fournit par le
CCSTI et d'un dispositif scénique de caméras de surveillance
pour la pièce «point de vue». http://www.collectif-coin.com
avec
le Labodanse de l’EDUG :
En Novembre 2010, sous la direction artistique de Manuel, les étudiants
du Labodanse réalisent une performance en milieu urbain, sous
le regard de caméras de surveillance, interrogeant à la
fois la nature du geste dansé ou la «normalité»
des gestes dans l’ espace public et le droit à l’image.
Dans un second temps, une captation de l’expérience, produite
par le CCSTI, est présentée lors d’une soirée
performance/ciné/débat au CCSTI.
Yves Riazannof, directeur pédagogique et artistique de l’EDUG
- http://www.danse-edug.com
Ces
différentes collaborations et expériences nous
permettent, au coeur du processus créatif de la pièce
«point de vue», de nourrir et de toujours laisser vivantes
nos réflexions et nos prises de décisions, tant du point
de vue du propos que de celui des corps.
Au
delà, ces échanges nous permettent de mettre en jeu un
réseau de partenaires et collaborateurs, réseau possédant
lui-même de nombreuses ramifications nous donnant accés
par exemple à des communautés comme les FabLab ou autre
« Open Source Community ».
L'accés
à ces différents réseaux favorise bien sûr
les échanges et partages créatifs, mais nous permet, en
tant qu'artistes, d'entrer en résonnance avec l'usage actuel
des nouvelles technologies et d'instaurer alors « réellement
» un dialogue art/science contemporain, vivant et en mouvement. |